Horace de Saint-Aubin,
auteur du Vicaire des Ardennes.
LE CENTENAIRE, OU LES DEUX BÉRINGHELD

Horace de Saint-Aubin / Le Centenaire, ou les deux Béringheld / Paris; Pollet Libr.-éd.; 1822

TOME TROISIÈME

CHAPITRE XXI.

Marianine fidèle. — Ce que devint Marianine pendant l'absence de Tullius. — Sa constance. — Elle revoit Béringheld.



[{Po 147}] DEPUIS que les journaux avaient annoncé que le général Béringheld ramenait à Paris, par les ordres du souverain, la division qu'il commandait en Espagne, les personnes qui travaillaient à leur fenêtre, et qui, par conséquent, remarquaient tout ce qui se passait, voyaient chaque jour {Po 148} un équipage vert-d'eau se diriger vers la barrière des Bons-Hommes à la même heure, et revenir le soir.

Une femme extrêmement belle, portant dans toutes ses manières le cachet d'une âme exaltée et d'une mélancolie douce, était dans cette voiture, avec une femme-de-chambre. Certes, les bourgeois du Gros-Caillou et les jeunes filles qui, sous l'œil de leur mère, se ménageaient un petit coin dans les carreaux en tirant un peu le rideau de mousseline, ne péchaient pas par défaut de conjectures.

A l'aspect du teint décoloré, et {Po 149} de l'abandon des manières de la belle inconnue, les vieillards qui venaient digérer leur dîner sur le Cours, en appuyant leur menton sur leur canne et regardant les passans, s'accordaient tous à penser que cette jeune femme se mourait de la poitrine.

Les jeunes filles, ayant remarqué la beauté des panneaux de l'équipage, et derrière la voiture une riche livrée, opinaient que la jolie femme attendait le retour d'un colonel qui n'était pas, était, ou devait être son mari.

Les mères, ne voyant pas dans cette affaire-là, d'époux pour {Po 150} leurs filles, n'y faisaient aucune attention ; cependant, comme il faut que la partie principale joue toujours son rôle, et que la langue d'une mère vaut celle d'une fille, les mères finirent par remarquer que la jeune femme était animée et presque rose d'espoir en allant à la barrière, et pâle, presque mourante en en-revenant.

Le domestique d'une maison où la mère et la fille faisaient peut-être assaut de curiosité, se hasarda à aller, par le conseil d'une femme-de-chambre, à la barrière, et il découvrit que {Po 151} depuis deux jours le landau s'avançait jusques sur le chemin de Versailles.

Enfin, un ci-devant jeune homme du Gros-Caillou, croyant que la jeune femme prenait l'air à défaut de pouvoir prendre autre chose; (car les médecins ne vous disent de respirer l'air que lorsque la science est à bout) ce ci-devant jeune homme, spéculant déjà sur cette conquête, envoya son laquais boire avec le cocher lorsque le landau s'arrêterait, au risque de voir son domestique ivre brûler la maison.

Alors le jeune homme sut par son laquais, qui ne s'enivra {Po 152} pas trop et ne brûla rien, que la belle inconnue était la fille de M. Véryno, préfet, ancien membre du Conseil des Cinq-Cents.

La fidèle Marianine venait en effet, chaque jour, épier le retour du comte de Béringheld, et les treize années d'absence n'avaient rien changé à la pureté, à la violence, au sublime de son amour : enfin, pour tout dire, elle aimait même sans espoir, et sa fierté égalait toujours son amour.

Lorsque Béringheld fut parti pour l'armée, Marianine renferma sa passion dans le fond de son cœur. Elle chercha, dès lors, à se rendre digne d'être l'épouse {Po 153} de l'être dont les premiers pas dans la carrière de la gloire furent des pas de géant.

Son père ayant donné des gages de son dévouement à la république, fut lancé dans l'administration et arriva par degrés à des postes tellement élevés que Marianine eut le cœur rempli d'une joie secrète en voyant que son amant ne serait pas dégradé par son alliance. Elle prit les leçons des meilleurs maîtres. L'étude de la peinture, de la musique, de la littérature et des premiers élémens des sciences lui paraissait un plaisir, quand elle songeait que c'était pour Beringheld {Po 154} qu'elle ornait son esprit. Chaque bulletin de l'armée causait un serrement d'effroi à son pauvre cœur, et quand la lecture du journal était achevée, que Béringheld vivait, une joie, un délire plutôt, s'emparait de ses sens.

Sa chambre était toujours encombrée des cartes des pays que parcourait le corps d'armée auquel Béringheld était attaché; et, chaque matin, chaque soir, le joli doigt de Marianine suivait le progrès de nos armées : une épingle fixée sur les villes indiquait le séjour de Béringheld.

Alors la charmante enfant assommait les gens de questions sur {Po 155} les mœurs de ces villes : si l'on s'y trouvait bien, si les Français y étaient aimés, les femmes belles, la ville jolie, les vivres chers, les habitans aimables à vivre, etc.

Le bulletin annoncait-il une bataille pour tel jour? Marianine pâle, les yeux toujours méditatifs, ne peignait, ne chantait, ne touchait sa harpe que lorsque le combat livré, gagné et Béringheld en vie, mettaient fin à son inquiétude mortelle.

Chaque jour elle regardait sur la carte l'endroit où il devait être, et lui adressait de douces paroles comme si elle le voyait.

Sa chambre n'était parée que {Po 156} de deux tableaux, l'un représensentait la scène des Alpes quand Béringheld vint la trouver assise sur la pierre couverte de mousse; l'autre, celle de leurs adieux. Le portrait du général était d'une ressemblance parfaite.

Le malheur voulut que toutes les fois que les troupes françaises revinrent à Paris, Véryno fut obligé de rester dans un département éloigné, et l'amoureuse Marianine ne put jamais voir son cher Béringheld au milieu de la Cour, brillant de gloire, d'opulence, de renommée, et peut-être fidèle!....

L'hôtel qui se trouvait à Paris {Po 157} en face le bel hôtel de Béringheld, fut à vendre : Marianine de presser son père de l'acheter, en se servant d'une foule de considérations étrangères à son amour, mais où il brillait. Elle ne concevait pas que son père ne pût avoir un hôtel à Paris, lorsque de jour en jour il devait être infailliblement appelé pour présider à quelqu'administration ? d'ailleurs, ne fallait-il pas un hôtel pour séjourner pendant leurs apparitions dans la capitale? la fortune de son père n'était-elle pas assez considérable pour cela? ne fallait-il pas se loger auprès du général auquel son père avait à {Po 158} rendre des comptes de dix années de gestion? ne valait-il pas mieux être près d'un ami, d'une personne de connaissance?

L'hôtel fut acheté.

Pendant ce long espace de temps, mille partis se présentèrent pour Marianine ; plusieurs hommes d'une haute distinclion a l'aimèrent véritablement ; Marianine refusa tout : dignités, fortune, amour.

Sa vie, en l'absence de son tendre ami, fut celle d'une sainte qui se prosterne à son oratoire, se confond de plaisir par l'espérance qu'elle a de jouir de la félicité céleste, et qui l'entrevoit {Po 159} souvent par une extase angélique.

La jeune et jolie chasseresse des Alpes ne perdit rien de sa beauté : lorsque, parée des grâces d'une toilette élégante, elle s'asseyait devant une grande assemblée, déployait sur la harpe toutes les richesses de l'harmonie, du savoir, et qu'elle jetait dans un jeu enflammé, tout son amour et la profonde exaltation qui soutenaient sa vie.

Alors, si les boucles de ses cheveux se trouvaient captivées par l'art, si ses yeux avaient moins de vivacité qu'à la montagne, si sa main ne tenait plus d'arc ni de {Po 160} flèches, si ses paroles, ses manières étaient mesurées, un observateur habile n'en découvrait pas moins que son jeune sein contenait une éternelle passion.

Parlait-on des succès de nos armées, dans le salon de la préfecture? le nom de Béringheld frappait-il son oreille?... tour-à-tour, elle rougissait, pâlissait, ne se sentait pas d'aise. Ah! qu'alors un jeune postulant, un vieux solliciteur, un homme qui perdait sa place, étaient sûrs d'obtenir sa protection ; elle aurait, je crois, souri à un ennemi, si elle en avait eu! le nom de Béringheld, une louange au général {Po 161} produisaient sur elle un effet magique.

Les pauvres ne recevaient rien qui ne fût donné pour l'amour de Tullius; elle aimait jusqu'à Cicéron, parce que le nom de l'orateur romain était celui du général.

Passion des belles âmes, amour, divin amour, ô Marianine, Marianine! Je ne sais si c'est par cette formule oratoire que Cicéron l'aurait remerciée, je ne la mets que parce qu'elle m'échappe à moi-même, et que, lorsqu'on écrit, c'est bien le moins de mettre ce que l'on pense. Il y a tant de gens qui ne peuvent pas y {Po 162} parvenir!... de peur que de pareilles choses ne m'arrivent, je saisis l'occasion de placer une phrase aussi claire, et qui peint aussi fidèlement ma pensée.

La mort de la mère de Marianine suivit celle de madame de Béringheld, et ces deux mères furent regretées par leur fille, d'une manière touchante. Marianine fut alors chargée de conduire la maison de son père, et elle montra combien elle avait de sens, d'ordre, de sagesse et de grandeur dans ses idées.

Lorsqu'on répandit la nouvelle du retour en France, de l'armée commandée par le général {Po 163} Béringheld, Marianine fit entendre à son père qu'elle devait aller à Paris, pour réclamer, auprès du souverain, l'effet des promesses qu'ils en avaient reçues. Il ne s'agissait rien moins que de fixer à Paris M. Véryno, par une direction générale.

En effet, il entrait dans le plan de Bonaparte de mêler à la cour les vieux républicains avec les anciennes colonnes de la féodalité, et personne n'était plus franchement républicain que Véryno.

On doit s'en apercevoir, en trouvant son nom dénué de la qualité de comte, que Bonaparte prodiguait avec tant de complaisance. {Po 164} Véryno avait constamment refusé toute distinction aristocratique, et il fut un des censeurs sévères de l'avénement du Ier Consul au trône impérial ; en un mot, il eutle malheur d'être du nombre de ces honnêtes gens qui ne changent pas d'opinion, quelle qu'elle soit.

Véryno, connaissant la sévérité des principes de sa fille et son orgueil, ne vit aucun inconvénient à ce qu'elle allât seule à Paris: son âge, son expérience, écartaient tout danger, et d'ailleurs, ce bon père, instruit, sans le laisser paraître, de l'amour de sa fille, et plein d'admiration pour sa {Po 165} constance, ne put avoir la cruauté de lui défendre l'innocent plaisir de la vue de son idole.

Ainsi, Marianine vint à Paris avec l'intendant de son père ; chaque soir elle allait au devant de Béringheld et chaque matin elle montait dans les greniers de son hôtel, pour voir si l'on ne faisait pas des préparatifs dans celui du général. Depuis huit jours elle venait à la barrière des Bons-Homtnes, et bien inutilement; aussi, elle était triste, ses gens la voyaient toujours enfoncée dans une profonde rêverie, qui pour elle avait du charme, et que l'on n'osait interrompre. La harpe ne fut pas {Po 166} touchée, les pinceaux restèrent empaquetés ; elle ne put s'occuper que de Béringheld; et, lorsqu'elle n'était pas sur le chemin de Versailles, on la voyait assise dans une bergère, le visage dans sa jolie main et les yeux arrêtés sur le portrait de Béringheld.

Enfin, un matin, la petite femme déjeûnait, lorsque le vieil intendant monta le journal; elle interrompt son déjeûner, décachète, lit, et s'écrie: Il vient!... il vient'... ce soir!...

Et vite, elle sonne, resonne, casse les cordons, se promène, s'impatiente, la femme-de-chambre arrive :

{Po 167} — Je vais m'habiller, qu'on mette les chevaux ; quelle robe prendrai-je? comment me coifferai-je? quelle ceinture?...

Une multitude de questions se pressent, et la femme-de-chambre reste interdite à l'aspect de cette pétulance de la douce Marianine.

— Julie, l'empereur est revenu, il a donné l'ordre de revenir à marches forcées,... les pauvres soldats!... n'importe, ah qu'il a bien fait de les presser!.... ce soir!... » Julie ne comprit pas davantage.

— Mais que faites-vous là, Julie ? arrangez tout. Puis prenant le journal, elle relit tout haut :

{Po 168} « Le général Béringheld est arrivé hier à Versailles, où un ordre de sa majesté l'a prévenu qu'elle voulait voir défiler aujourd'hui sa division dans la cour des Tuileries....» Julie, allez donc tout préparer pour ma toilette. Hyppolite me coëffera... Vous l'enverrez chercher ; qu'il vienne au plutôt...... quel bonheur!

Aussitôt elle monte au grenier de l'hôtel, et tressaille de joie en voyant dans la cour du général un domestique nettoyer une voiture arrivée de la veille, les persiennes ouvertes, et un certain mouvement régner partout.

{Po 169} Elle redescendit au plutôt 1, et revint examiner sous quel vêtement elle reparaîtrait aux yeux du général. Après bien des hésitations, elle fut chercher le tableau qui représentait la scène de ses adieux à Béringheld, et résolut d'être habillée comme à cette époque où son cœur fut si cruellement agité.

Une simple robe blanche que l'on arrangea sur-le-champ, semblable à celle de la jeune chasseresse, ses cheveux retombant sur ses épaules par des milliers de boucles, son front presque caché par une charmante résille, telle fut sa parure, que les souvenirs {Po 170} de l'amour rendaient plus délicieuse et pleine de charme.

Long-temps avant que les troupes n'arrivassent, les habitans du Gros-Caillou virent passer l'élégante voiture dans laquelle Marianine, brillante et belle de toutes les beautés possibles, s'agitait en regardant en avant.

Un reste de fierté, de pudeur, lui fit emporter un voile, se réservant de le déposer.... Elle attend une heure, deux heures, trois heures, et elle commence à craindre. A quatre heures, elle tressaille, en entendant dans le lointain le roulement des tambours : il est impossible de rendre {Po 171} la sensation cuisante et acérée qui fit refluer tout son sang dans un seul endroit, à son cœur, qui ne suffisait pas à le contenir et le renvoyer.

Ce roulement lui disait qu'enfin elle allait revoir, après quinze années d'absence, et quelle absence!... celui que, dans les montagnes, au sein de la nature la plus suave, elle avait choisi pour idole, celui qui depuis ce temps était l'objet constant de ses pensées, celui qui tenait en son coup-d'œil son âme et sa vie, dans ses mains tout son bonheur!...

Le roulement approche; bientôt la poussière s'élève en un {Po 172} nuage, dont la désagréable présence n'est pas aperçue par Marianine. Enfin elle entend le pas cadencé de cette masse de soldats ; elle voit leurs visages basanés et leurs yeux qui s'égaient à l'aspect de la capitale de la mère-patrie.

— Vois-tu Julie? dit Marianine tremblante d'émotion, vois-tu?

Les tambours ont cessé leur bruit discordant, une musique guerrière lance dans l'air les sons d'une magnifique harmonie, l'état-major entre....

Quel regard!... que de choses il profère! oui, Marianine, contemple le général Béringheld contenant la fougue d'un coursier {Po 173} espagnol. Hélas! l'attitude calme de Tullius, ses décorations, son brillant uniforme, cette pompe, les cris de vive l'empereur, vive la France!...que les soldats élancèrent, c'en était trop pour l'amoureuse Marianine, elle s'évanouit et son bonheur ne dura qu'un instant.

Julie, effrayée, donne l'ordre au cocher de retourner à l'hôtel... heureuse soubrette!... Marianine revient à elle, et voit que sa voiture suit l'état-major, alors un regard de feu remercia Julie de son idée.

Enfin Marianine, au comble du bonheur, peut s'enivrer à son {Po 174} aise ; tantôt sa voiture devance le groupe d'officiers, et tantôt elle le suit... Mais si elle a dévoré l'aspect charmant de Tullius, environné d'officiers, couvert de décorations et de blessures, le général n'a pas encore revu sa tendre et fidèle Marianine. Plusieurs fois les officiers et Béringheld avaient regardé l'équipage, et chacun d'eux plaisantait en cherchant à découvrir sur le visage du chevalier aimé, une rougeur de plaisir qui le décelât. On ne put imputer la présence de Marianine à aucun de ceux qui formaient le cortège du général, et chacun s'en défendait à l'aspect {Po 175} du voile de la belle Marianine. Enfin elle déposa toute fierté, et saisissant le moment où le landau se trouvait presqu'à côté de Tullius, elle jeta son voile, et le général, qui la regardait avec une curiosité maligne, resta stupéfait.

Il s'approche, Marianine tressaille, et elle entend Tullius s'écrier à voix basse : « C'est vous, Marianine ?... »

— Oui, répondit-elle, c'est Marianine, elle n'a pas changé!

— Je le vois, car voilà son costume des montagnes....

A ces mots, Marianine frémit de joie par un mouvement plein d'amour.

{Po 176} — Voilà, continua Béringheld, toute sa jeunesse embellie par l'éclat de l'été de sa vie, et son cœur....

— Tullius?...

Ce simple mot prononcé par Marianine, formait la plus énergique des interrogations : aussi, le général l'entendit et cessa de mettre en doute l'amour de Marianine ; mais cette fille touchante eut regret de la sévérité de son regard et de cette parole.

— Mon ami, oui, je t'aime et je n'ai jamais douté de ton amour: aussi, j'ai déposé toute fierté virginale, et je le dis parce que ce ne fut pas un sacrifice pour moi {Po 177} j'éprouvai trop de douceur à venir ici chaque jour.

Béringheld avait, en écoutant ces tendres paroles, un air pensif qui effraya Marianine, et elle s'écria, en saisissant la main de Tullius :

— Tullius! dis-moi que tu m'aimes, dis-moi que je te suis toujours chère?.. mais tu me chéris, n'est-ce pas ?....

Le général, au comble du bonheur et troublé, regarda du côté des Tuileries ; il vit que son état-major allait bientôt y arriver.

Ce mouvement, dont Marianine ignorait le motif, lui brisa le cœur.

{Po 178} — Tullius, si tu m'abandonnes, je vais mourir!... Oh! oui, mais quand je serai morte, tu diras, on voyant le village du pied des Alpes : « Tout change dans la nature, il y avait ici un cœur qui n'a pas changé, et qui ne battait que pour moi! » Ce remords est ma seule vengeance. Des larmes sillonnèrent le beau visage de cette douce amante.

Le général saisit la main de son amie, y déposa ses pleurs et un baiser des plus enflammés, puis il partit au grand galop rejoindre son état-major, sans regarder Marianine, qui revenait à la vie.

{Po 179} Elle accourut aux Tuileries pour revoir encore le général, qui rangeait en bataille ses nombreux soldats.

— Regarde, Julie, comme il a bonne grâce!.. il est bien cbangé depuis le jour où il quitta les montagnes, mais je ne sais sous quel habit je l'aime mieux.

Le souverain passa les troupes en revue, et rentra dans son palais avec le général.

Alors Marianine, ivre et brûlante de tout le feu dont l'amour pétille, lorsque quinze ans d'absence, de pensées et de désirs l'ont attisé, revint chez elle, et ne cessa de contempler l'hôtel du {Po 180} général, et d'écouter si sa voiture allait le chercher aux Tuileries ou en revenait.

CHAPITRE XX CHAPITRE XXII


Variantes

  1. dictinction {Po} nous rectifions

Notes

  1. au plutôt : Littré dit : « il ne faut pas confondre plutôt qui marque la préférence avec plus tôt, plus vite ». Mais plutôt et plus tôt n'ayant à l'origine qu'une différence de graphie, l'usage est resté longtemps confus. Ici le sens est clairement plus vite. Nous n'avons pas trouvé d'exemple avec la préposition au, et Littré ni Grevisse n'en parlent pas.