A. de Viellerglé et lord R'Hoone
AUTEURS DE L'HÉRITIÈRE DE BIRAGUE.
JEAN LOUIS, OU LA FILLE TROUVEE

A. de Viellerglé et lord R'Hoone / Jean Louis, ou La Fille trouvée / Paris; Hubert Libr.; 1822

TOME DEUXIÈME.

{Hu 1O7} CHAPITRE V.

Une femme est toujours femme.
                (Milord H***.)

Wath can enoble sots, or slaves, or cowards a?
Alas! not all the blood of all the Howards.

                (POPE, an Essay on man Epistre IV.)

Et toi, si tes vertus ne te font honorer,
Tout le sang des Talbot ne saurait t'illustrer.
                ((DELILLE, traduction.)

RENTRÉ à l'hôtel de Parthenay, le duc, indigné de la conduite de son neveu envers Fanchette, résolut de lui en marquer son mécontentement. Il trouva Ernestine dans les larmes: le marquis n'avait point paru à l'hôtel depuis vingt-quatre heures.

« Pauvre Ernestine! dit le bon {Hu 108} seigneur en fixant sa nièce d'un air de compassion.

— Ah, mon oncle, mon oncle!... Ferdinand est bien coupable!... enlever la fiancée d'un brave homme presqu'à l'autel.... la conduire dans un lieu infâme!... mais au moins la jeune fille a t-elle échappé à la séduction?...

— Grâce au ciel, mon indigne neveu n'a pu flétrir son innocence... Ernestine, vous ignorez encore jusqu'où il a poussé l'oubli de l'honneur et de ses devoirs.

— Grand dieu!...

— Tout me fait craindre qu'il n'ait déshonoré mon nom.... J'ai vu cette jeune Fanchette, et me suis fait raconter toutes les particularités de son aventuré....

{Hu 1O9} — Eh bien, mon oncle?...

— Eh bien, Ernestine, la jeune fille craintive, embarrassée, ne m'a point expliqué clairement ce qui avait pu décider le marquis à lui faire rendre la liberté. Lorsque son amant parut et l'arracha à ses persécuteurs!.... qui sait ce qu'aurait faitVandeuil sans ce secours inespéré?... peut-être eût il porté le crime....

— Ah, mon oncle! pourquoi ne pas croire plutôt que le repentir et le remords....

— S'il en était ainsi, Fanchette n'aurait pas manqué de m'en instruire.... une autre cause a donc guidé votre mari?... Je le saurai, et malheur à lui si jamais....

— Mon cher oncle, je vous supplie....

{Hu 110} — Ma nièce, vous êtes trop faible, et si je vous imitais, notre conduite, au lieu de corriger le marquis, ne servirait qu'à le enhardir dans le mal. Ma résolution est prise; je ne veux point que les cris des victimes du libertin s'élèvent jusqu'à moi, et viennent accuser mon insouciance. Je vengerai la société, vous-même, Ernestine, et l'honneur de mon nom.... »

La marquise ne répondit rien; quoiqu'elle aimât son époux avec une aveugle idolâtrie, elle ne pouvait nier les écarts nombreux dont il se rendait chaque jour coupable. Voyant donc le duc aussi courroucé contre lui, elle n'osa aborder de front la défense de Vandeuil; mais en revanche, elle s'y prit avec {Hu 111} l'adresse admirable que possèdent les femmes pour arriver au but de leurs désirs. Elle entoura le vieux seigneur de ces attentions délicates qui, semblables à des rets invisibles, enlacent sans qu'on se croie captif; elle pleura: elle était belle, douce, sensible et malheureuse; le duc fut presque désarmé.

Cependant il était deux heures du matin, et Vandeuil ne rentrait pas; les dispositions à la clémence commençaient à s'évanouir, lorsqu'Ernestine fit si bien, que le duc, déjà fatigué des secousses de la journée, se laissa facilement convaincre de la nécessité de ménager sa santé; mais avant de se retirer, il exigea que la marquise, relevant à peine d'une maladie de langueur, se mît au lit.

{Hu 112} Ernestine obéit consciencieusement; néanmoins, comme elle n'avait pas promis de dormir, elle employa encore une heure à penser au volage qui la délaissait. Enfin, sur les trois heures du matin, sa paupière appesantie se ferma, et son imagination fut bercée de rêves d'autant plus doux, que la réalité était désespérante...

Revenons maintenant à l'indigne époux d'Ernestine.... Effrayé de ne point voir Fanchette arriver au guet-à-pens de la rue des Postes, il court à sa petite maison; là, il apprend que Jean Louis, après avoir écharpé ses gens et les voisins, a enlevé sa fiancée, et a disparu; il apprend encore, qu'une demi-heure après le combat de Jean Louis, le duc est {Hu 1l3} arrivé.... A cette dernière nouvelle, son âme coupable devint la proie des craintes les plus vives; il croit déjà son crime connu; il se voit sur l'échafaud....Duroc, qui est témoin de son efïroi, essaie, mais en vain, de le dissiper, Vandeuil n'a plus ni énergie ni courage.... Enfin le marquis se calme, et il convient avec son confident de la conduite qu'il va tenir. Il est arrêté que le marquis ne rentrera à l'hôtel qu'à quatre heures du matin, et que Lafleur, prévenu par Duroc, attendra le retour de son maître, en ayant soin d'observer attentivement toutes les démarches du duc....

Quatre heures sonnaient comme le marquis, marchant à pas de loup, traversait les jardins de l'hôtel. Il {Hu 114} arrive jusqu'à l'antichambre de son appartement; il entre, et aperçoit son domestique profondément endormi.

« Lafleur?... Lafleur?... comme il dort!... le drôle est bien heureux!... Lafleur?... Lafleur? te réveilleras-tu, coquin?....

— Qui m'appelle?... Ah! c'est vous, monsieur le marquis?... pardon, mais je m'amusais, en vous attendant, à faire un petit somme.

— Paix!... il s'agit bien, vraiment, de plaisanter!... Que dit-on de nouveau?... le duc et la marquise sont-ils rentrés de bonne heure?...

— Madame la marquise n'est point sortie, et M. le duc a passé la soirée chez elle....

— Ah!... bon!...

{Hu 1l5} — Il a demandé aussi après vous, et j'avais ordre de le prévenir de l'instant de votre retour.

— Soupçonnes-tu ce qu'il avait à me dire?...

— Je crois que c'était par rapport à ce qui vous est arrivé avec cette jeune fille.... la maîtresse de ce grand charbonnier....

— Es-tu bien certain de ce que tu avances? dit alors le marquis en pâlissant.

— Oui, monseigneur; mademoiselle Victoire, une des femmes de madame, a entendu quelques mots de la conversation, et me les a rapportés comme de coutume....

— Le duc paraissait-il ému?...

— D'abord il l'était; mais il ne tarda pas à s'apaiser.... Cependant {Hu 116} il a donné plusieurs ordres à son valet-de-chambre, et a dépêché un de ses gens à Versailles, et un autre chez le lieutenant de police.

— Est-ce tout ce que tu sais?...

— Oui, monseigneur le marquis.

— Il suffit.... laisse-moi.... »

Lafleur fut se coucher, et le marquis, rongé d'inquiétudes et de remords, se retira dans son appartement.... ne pouvant supporter l'état d'anxiété où il se trouvait. Vandeuil pénétra doucement dans la chambre à coucher de sa femme. Si quelque danger me menace, son amour m'en avertira.... Tout en négligeant sa compagne, comme bien des maris de ma connaissance, l'ingrat rendait justice au cœur qu'il déchirait.... Il entre donc dans la chambre, approche {Hu 117} du lit, et contemple Ernestine livrée au plus doux sommeil.... un rêve délicieux l'occupait en ce moment et le nom de l'époux qui l'abandonne est prononcé avec ivresse.

Ce sommeil tranquille rassure le marquis, et le cœur soulagé, il regagne son appartement.... Il s'assied, veut essayer de dormir, mais en vain; l'image de Léonie réclamant ses droits, ne lui permet pas de goûter un moment de repos.... il tire de sa poche le portrait arraché du sein de Fanchette, le contemple, et frémit.... Un avenir sinistre se déroule devant lui; il voit la vérité sortir du fond des tombeaux, et apparaître aux yeux des hommes.... Enfin, après de longues agitations, la nature épuisée reprend ses droits, le {Hu 118} marquis se laisse aller sur la table près de laquelle il est assis; il dort!... mais quel sommeil!... une sueur froide coule de son front; sa poitrine est oppressée, et des mots entrecoupés annoncent le trouble qui le dévore....

Tandis que Vandeuil subit pendant cet affreux sommeil le supplice anticipé qu'il mérite, le jour a paru, et la douce Ernestine, ouvrant les yeux, consacre son premier souvenir à son époux. Inquiète, elle sort du lit, passe un peignoir, et court légèrement à la chambre où il repose.... le croyant plongé dans ses réflexions, elle avance doucement, et se baisse pour lui souhaiter le bon jour... Le portrait enlevé à Fanchette est sur la table, la marquise l'aperçoit, {Hu 119} s'en empare, et fuit la mort dans le cœur.

Dans le premier moment de sa douleur, elle court cher le duc, et là, oubliant la prudence, elle se précipite dans les bras du vieux seigneur, en s'écriant: « Ah, mon oncle! c'en est fait, Ferdinand est le plus ingrat des hommes'.... »

A la vue des pleurs d'Ernestine, le front du duc se couvre de nuages, et son regard devient sévère: « Je le vois, il faudra sévir, dit-il.... mais, mon enfant, quel nouvel outrage fait couler tes larmes?... apprends-le-moi, et je jure.... »

La colère du duc fait oublier à la marquise ses sujets de plainte; elle ne voit que le danger du volage; et son faible cœur, tremblant pour {Hu 120} son époux, se repent déjà des transports qu'il vient de laisser éclater...

« Mon oncle, je n'accuse point Vandeuil... ne croyez pas à mon trouble.... ma santé... un rêve pénible.... »

Mais ces excuses tardives ne peuvent donner le change au duc. Il a vu la douleur peinte dans les yeux d'Ernestine; elle était véritable.... Ce n'est pas tout, la marquise tient dans ses mains le fatal portrait, le duc s'en empare, et dit: « Osez encore défendre votre époux!... »

Ernestine tremblante se jette aux genoux de son oncle: « Grâce, grâce! s'écrie-t-elle....

— Point de pitié pour l'indigne marquis.... Eh quoi, ma nièce, vous vous abaissez au point de prier {Hu 121} pour l'être le plus vil.... ne ressentirez-vous donc jamais, comme vous le devez, les outrages dont il vous accable?... Ah! loin de l'excuser, il faudrait le maudire.

— Mon oncle, il est mon époux...

— C'est précisément ce titre sacré qui le rend inexcusable.... possesseur d'une femme charmante, il lui donne sans cesse de nouvelles rivales, et quelles rivales!... des femmes sans mœurs, sans naissance, et mille fois moins jolies que mon Ernestine....

— Ah, mon cher oncle! votre amitié vous aveugle, » dit alors la marquise en rougissant de plaisir, et ce malgré la situation pénible où elle se trouvait; tant il est vrai qu'une {Hu 122} femme n'écoute jamais impunément le doux poison de la louange.

« Non, ma nièce, reprit le bon seigneur, je suis sûr qu'aucune des nombreuses maîtresses de ton mari ne peut te le disputer en grâces et en beauté.... Que ce portrait décide entre nous. »

En parlant ainsi, le duc ouvre le médaillon qu'il tient à la main, il y jette les yeux.... mais soudain un cri terrible sort de son sein, le portrait glisse entre ses doigts, tombe et roule à ses pieds.... La marquise y porte un regard avide, et découvre avec douleur la plus belle tête de femme qu'elle ait encore vue.... Ernestine n'est point encore revenue de sa surprise, que le duc a ramassé le médaillon et l'a caché soigneusement {Hu 123} dans ses habits. Alors il saisit la main de sa nièce, et l'entraînant avec lui, il entre dans l'appartement du marquis.

Ce dernier venait de se réveiller, l'imagination encore pleine des songes pénibles qui l'ont assailli; son premier soin est de chercher le fatal portrait. Il a disparu!... Vandeuil se récrie!... rapide comme le vent qui porte la tempête, sa pensée envisage toute l'étendue des dangers qui l'entourent; il faut fuir, ou la mort et la honte.... La croisée est ouverte, le jardin est désert, personne, nul bruit, il va s'élancer; la porte s'ouvre, et le duc, la figure renversée, Ernestine le visage mouillé de pleurs, s'offrent à ses regards.

« Je vous trouve enfin, » s'écrie le {Hu 124} duc... A ces mots, prononcés avec une énergie concentrée, le marquis s'arrête anéanti; son œil, baissé vers la terre, n'ose se lever sur le vénérable bienfaiteur dont il déchira l'âme paternelle, et sur la douce Ernestine, si long-temps négligée....

Tandis que le pâle et tremblant Vandeuil s'efforce en vain de rappeler sa présence d'esprit et son audace, le duc a fermé soigneusement toutes les portes b de l'appartement, après s'être assuré que personne ne pouvait s'y trouver; alors il s'avance vers son neveu, et tirant de son sein le médaillon enlevé du cou de Fanchette, il le présente au marquis.

« Comment se fait-il, monsieur, que le portrait de mon épouse infortunée se trouve aujourd'hui en votre pouvoir?... »

{Hu 125} Vandeuil garda le silence.

« Quoi! s'écria Ernestine, ce portrait serait celui de la duchesse?... Ah, mon cher Vandeuil! que d'excuses ne te dois-je pas!... pardonneras-tu jamais à la jalouse Ernestine les accusations insensées qu'elle osa former contre toi?... Mon cher oncle, vous le voyez, Ferdinand n'est pas coupable.... »

Les excuses de la marquise vinrent on ne peut pas plus à propos pour tirer Yandeuil d'embarras. Il comprit de suite que, puisque sa femme parlait ainsi, il fallait que le duc n'eût encore rien découvert de la destinée de sa fille. Il ne pouvait avoir que quelques soupçons vagues tout au plus, et avec un peu d'adresse, il ne devait pas être impossible de les dissiper.

{Hu 126} « Monsieur, dit l'adroit marquis en levant sur le duc un regard assuré, qu'il eut soin cependant de faire paraître craintif, je conviendrai devant vous et devant Ernestine de la faute que cette miniature me rappelle. Il n'est que trop vrai, je m'en suis emparé jadis, et je n'ai pas osé vous l'avouer depuis.

— Pour quel motif, monsieur?...

— Pour avoir toujours devant les yeux l'image de ma généreuse bienfaitrice. Mon oncle, vous savez que je dois beaucoup aux bontés de la duchesse.... Des torts nombreux signalèrent mon ardente jeunesse, j'en conviens; mais jamais mon cœur ne fut atteint du vice de l'ingratitude.

— Comment peut-il se faire, demanda le duc en jetant sur le marquis {Hu 127} quis un regard scrutateur, que ce portrait, donné par moi à ma chère et malheureuse Léonie, soit maintenant entre vos mains?...

— Je le pris à Léonie dans un des voyages que je fis en Poitou. Mon intention était d'en faire tirer une copie, et de restituer l'original à ma jeune cousine. Cet enfant était si jeune alors, qu'il ne put s'apercevoir du larcin que je lui faisais.... Quelque temps après, arriva le fatal incendie qui vous priva d'une fille chérie.... Je crus devoir garder le médaillon, et ne point rouvrir les plaies encore mai fermées de votre cœur paternel, en vous faisant une restitution qui aurait indispensablement nécessité une explication qu'il était de mon devoir de vous éviter.

{Hu 128} — Mon oncle, dit alors la marquise, vous le voyez, le récit de Ferdinand est empreint du cachet de la vérité.

— Il est du moins fort vraisemblable.... Cependant je voudrais savoir comment il se fait, qu'après seize ans entiers passés depuis la mort de Léonie, le portrait de la duchesse se soit trouvé ce matin sur cette table où vous dormiez?....»

Cette question imprévue parut embarrasser le marquis; le duc s'en aperçut, et il renouvela sa demande en fronçant le sourcil d'un air sévère. Le fourbe appelant à son secours toute l'audace qu'il avait en partage, résolut de sortir avec éclat de la position critique où il se trouvait.

« Puisque vous l'exigez, monsieur, {Hu 129} dit-il au duc, je vais vous donner l'explication d'un fait qui vous paraît extraordinaire.... Mais auparavant, chère Ernestine, ajouta-t-il en se tournant vers la marquise, permets que j'implore à genoux le pardon d'une erreur dont je rougis maintenant.... »

En parlant ainsi, Vandeuil embrassait les genoux de sa femme....

« Relevez-vous, mon ami, reprit la pauvre Ernestine, tremblante du nouveau tort qu'elle allait avoir à pardonner... Quelque faute que vous ayez commise, je l'oublie si votre cœur la désavoue.

— Indulgente et douce Ernestine!.... ah! je le sens aujourd'hui plus que jamais, je suis indigne de vous appartenir.... Eh quoi! j'ai pu {Hu 130} trahir la plus charmante épouse!.... j'ai pu rechercher un autre amour que le sîen!... ah! je suis un ingrat, un fou, un monstre, et je mérite...

— Aime-moi, et tout est oublié... »

A cette dernière marque de tendresse, le marquis laissa paraître la plus vive admiration et la plus tendre reconnaissance. Il baisa avec transport la main d'Ernestine, et quelques pleurs vinrent même mouiller ses yeux.

« Enfin, s'écria le duc, qui n'écoutait qu'avec méfiance les belles phrases de son neveu, m'expliquerez- vous....

— Quelque chose qu'il puisse m'en coûter, reprit le marquis d'un air de tartufe, je vais vous obéir.... {Hu 131} Un de mes amis me présenta dernièrement chez une dame dont je dois taire le nom.... Enchanté de la beauté de madame de ***, j'osai lui parler de l'effet qu'elle avait produit sur moi. La dame était coquette; elle reçut mes soins, mais exigea des preuves d'amour et même des sacrifices..... L'idée du portrait de ma tante me revint à l'esprit, et je crus pouvoir, à tort sans doute, offrir comme un juge de l'empire qu'on avait sur mon cœur, le médaillon qui retraçait les traits de ma bienfaitrice....

— Ah, monsieur! interrompit le duc avec un air de dégoût, avez-vous pu sans honte....

— Accusez- moi, mon cher oncle, donnez-moi les noms les plus odieux, {Hu 132} je me soumettrai, avouant mes erreurs. Cependant je n'ai point mis à exécution le projet honteux que j'avais formé. Sur le point de me rendre coupable de l'action la plus légère et la plus répréhensible, le souvenir de ma digne bienfaitrice, de ses bontés, et plus que tout cela, la noblesse du sang qui coule dans mes veines, me retinrent. Je sortis de chez madame de *** sans avoir souillé l'image d'une Parthenay.... Mon oncle.... Ernestine, il ne me reste plus qu'à implorer de vous un généreux oubli....

— Cruel! dit la tendre marquise, me faudra-t il toujours t'absoudre?...

— Ernestine, c'est le dernier pardon.

— Songez-y, monsieur, ajouta le {Hu 133} duc; car je vous jure que je me souviendrai de ce nouveau serment. »

En prononçant ces dernières paroles, le duc s'éloigna en laissant tomber sur son neveu un de ces regards qui peignent mille fois mieux que les plus longs discours les sentimens dont le cœur est plein. Le marquis en comprit fort bien toute l'énergie; aussi se promit-il de profiter du moment de répit qu'il venait de conquérir pour ensevelir dans les entrailles de la terre les traces du crime affreux qu'il avait commis jadis.

CHAPITRE IV CHAPITRE VI


Variantes

  1. coward {Hu} nous corrigeons, le pluriel s'imposant pour la rime
  2. toutesl es portes {Hu} nous corrigeons cette coquille

Notes