Publiée par M. Horace DE S.t-AUBIN
auteur du Vicaire des Ardennes.
ANNETTE
ET LE CRIMINEL ,
OU SUITE DU
VICAIRE DES ARDENNES

Horace de Saint-Aubin / Annette et le Criminel ou Suite du Vicaire des Ardennes / Paris ; Emile Buissot ; 1824

TOME III

CHAPITRE XXIII

CHAPITRE XXII TOME IV
CHAPITRE XXIV

[{Buis (220)}] LE lendemain , Annette et Jeanneton , qui avoit repris les habits de son sexe et qui étoit charmante avec la toilette que lui donna madame de Durantal , abandonnèrent le château avec Charles, et s'en allèrent à Valence suivis de Milo et des deux nègres , ses compagnons.

Elle laissa le château sous la direction d'un homme que Vernyct lui avoit désigné comme homme de tête , et cet inconnu étoit un des brigands de la forêt qui , reconnu par Vernyct et engagé à rentrer {Buis (221)} auprès de son ancien capitaîne , avoît de nouveau juré de défendre Argow et le lieutenant comme par le passé.

Annette rencontra à moitié chemin Vernyct que l'on avoit relâché. « Mort de ma vie !.... s'écria-t-il en montant dans la calèche où ils étoient tous trois , je le délivrerai , où l'on m'enterrera sous le ruines de Valence !... »

— Et il y aura des gens qui vous prêteront main-forte ! dirent deux paysans qui passoient : ils s'arrêtèrent, et, regardant Annette , ils la saluèrent et ajoutèrent : « Nous venons d'un pays où , quand on a appris que le bienfaiteur du canton étoit arrêté , il n'y a eu qu'une voix pour jurer sa délivrance , quoiqu'il ait fait..... »

{Buis (222)} — Bonnes gens !... dit Annette, quelle reconnoissance !.. tenez.... et elle leur jeta sa bourse et ses bagues précieuses.

— Est-ce du malheur ! dit Vernyct ; tout étoit prêt , le départ con- venu , les relais même préparés , car il semble que je me doutois de cela.... . oh ! je le délivrerai !.... Tout Valence parle de cette aventure-là : il n'y a pas une personne qui n'en jase avec son voisin ; dans les rues, dans les maisons , c'est une nouvelle qui se commente , qui se répand , qui vole..... ces imbécilles-là me montroient au doigt. Patience !... patience !.... et moi, il faut que je prenne garde à ma tête , car elle me joue des tours..... du sang-froid mon bonhomme.....

{Buis (223)} Annette lui prit la main et la pressa sur son cœur. « O digne ami !.... dit-elle , rendez-le moi ? et , fussiez-vous un impie, je crois que j'obtiendrois votre grâce en sacrifiant ma vie future tout entière!.... »

— Que deviendrois-je , dit Charles , si nous ne réussissons pas , moi qui suis cause de tout ?....

— Vous ?.... s'écria Vernyct en lui présentant son pistolet , tuez-vous alors pour m'épargner de le faire.....

— Terrible !.... dit Annette , en lui prenant le bras et détournant l'arme , y pensez-vous ?....

— Je ne me tuerai pas, dit Charles , parce que j'espère lui être encore utile.... je suis son avocat.....

— Et votre place de procureur ?..

{Buis (224)} — Je ne l'ai plus....

— Tant mieux ,.... dit Vernyct. « Ah ! ajouta-t-il , bonjour, petite !.. je ne te reconnoissois pas , » et il pressa la main de Jeanneton.

En arrivant à Valence » , ils rencontrèrent M. et madame Gérard.

— Ah ! ma mère ! s'écria Annette en la revoyant , que n'êtes- vous arrivée trois jours plutôt 1 !.... nous serions heureux l.... et elle fondit en larmes.

M. et madame Gérard rétrogradèrent 2 et ils vinrent tous s'établir dans la maison de madame Servigné et d'Adélaïde, qui étoient au désespoir. Rien n'égala celui du père et de la mère d'Annettc , car c'étoit du désespoir seul : il ne s'y mèloit aucun sentiment comme à {Buis (225)} celui d'Annette qui étoit en proie à mille sentimens divers.

— Chère cousine , dit Annette en revoyant Adélaïde, je devois vous envoyer hier le monument du dernier bienfait de la chère créature que la fatalité a perdue..... tenez ? je vous le remets moi-même.

En disant ces paroles elle tendoit à Adélaïde et à son mari une quittance de soixante mille francs que madame Bouvier devoit encore à mademoiselle Sophy pour achever le paiement total de ce qu'ils leur devoient. « Il vous aimoit parce que vous m'apparteniez par les liens du sang.... » dit-elle les larmes aux yeux.

À ce trait , toute la haine qu'Adélaïde avoit pu concevoir s'effaça {Buis (226)} comme un nuage qui disparoit dans le ciel.

Un silence terrible régna entre tous ces personnages réunis , et , au bout d'un gros quart d'heure, Annette s'écria : « Mon cousin, faites en sorte que je puisse passer toutes mes journées avec lui !... dans sa prison !.... »

Charles sortit et ne revint qu'avec toutes les autorisations nécessaires pour qu'Annette, Vernyct et lui , entrassent dans la prison où Argow étoit détenu , à toutes les heures et pendant tout le temps que l'on pourroit voir le criminel.

Annette et son cousin se rendirent sur-le-champ à la prison. Ils trouvèrent Argow dans la chambre la plus conmode du lieu. Elle étoit {Buis (227)} toute nue , un lit et une chaise composoient l'ameublement, et sur le mur une foule de noms écrits attestoient le désespoir, le désœuvrement et l'ennui de ses horribles prédécesseurs. La seule fenêtre de cette chambre étoit grillée , et , dans l'espèce de galerie par laquelle il falloit arriver, il y avoit deux sentinelles, et au bout, le logement du concierge.

Annette en entrant eut un horrible saisissement , elle ne retrouva des forces que pour voler sur les genoux de son mari. Il étoit calme , un léger sourire erroit sur ses lèvres, et il embrassa Annette avec cette douce et pure joie qui l'animoit à Durantal lorsqu'il étoit assis près d'elle dans cette chambre de plaisir et de bonheur. Encore {Buis (228)} voyoit-on dans ses traits cette teinte de satisfaction , qui devoit faire briller le visage des saints martyrs lorsqu'ils confessoient Jésus-Christ au milieu des tourmens. Il sembloit que l'assurance qu'il acquéroit de pouvoir expier sur la terre des crimes commis sur la terre , lui donnât encore plus de sérénité dans l'âme que sa conduite précédente. Il avoit plus de confiance à ce baptême de sang qu'il devoit recevoir , qu'à cette robe d'innocence que ses bienfaits et ses remords lui falsoient revêtir aux yeux de Dieu.

Annette jeta im regard douloureux sur cette chambre , et reporta bien vite ses yeux sur Argow , comme si elle eût craint de s'être dérobé trop long-temps à elle-même {Buis (229)} le cruel bonheur de le voir : « Ami, dit-elle, comme tu es mal ici !.... »

— Qu'importent les lieux , mon Annette , ce m'est un temple puisque je te vois.

— Comment, s'écria Annette, une créature aussi noble, grande, généreuse , a pu commettre une action blâmable !.... oh ! non, tu es innocent, mon cher amour, je le dirai à toute la terre.... au ciel, aux juges !....

— Je suis coupable, Annette, répondit Argow; mais écoute-moi, je veux rester dans ton cœur ce que j'y fus toujours , c'est-à-dire , un être que tu as rendu , par le céleste contact de ton àme, pur et digne d'avoir été innocent aux jours de son enfance , digne enfin d'avoir {Buis (230)} repris cette candeur sainte qui t'a toujours décorée de sa grâce virginale. J'exige, mon Annette, que tu vives dans la solitude..

— Hé , je ne vivrai qu'avec toi jusqu'au dernier moment !.... s'écria-t elle.

— J'exige , entends-tu , mon ange ?... j'exige , c'est un mot que ma bouche ne t'a jamais prononcé, je veux que tu ne puisses en rien connoître les détails horribles de ce qui se passera à la cour d'assises.... tu me le promets ?....

— Oui.

Pendant cette scène , Charles , appuyé sur la muraille et les bras croisés, paroissoit en proie à une agitation violente et à une grande méditation.

{Buis (231)} — Mon cousin , dit-il , vous vous souvenez de votre promesse d'hier ou de ce matin ? lors de votre arrestation , vous m'avez juré de ne rien répondre pendant le cours de vos interrogatoires, telle demande qui vous soit faite.

— Je tiendrai ma promesse.

— Oui, dit Annette , c'est bien important à ce que dit Charles, et il faut suivre ses avis , mon ami, car, en fait de lois terrestres, il connoît ce qui est permis et ce qui est défendu.

— Ma cousine, répondit Servigné , voulez-vous un instant nous laisser seuls ?....

— J'aime mieux, dit Annette, me fermer les oreilles , car je ne veux pas perdre une seule minute que je pourrois employer à le voir.

{Buis (232)} — Mon cousin , dit Charles a Argow, y avoit-il des témoins du crime qui paroit avoir été commis à A.....y ?....

— Aucun, car il n'y avoit que Vernyct , et nous sommes la même âme.

— Est-ce vous qui l'avez commis?....

— Oui..... À cette parole, une grosse larme roula sur les joues d'Argow , et il passa ses mains sur sou visage comme pour dérober son remords à des yeux humains.

— 11 y a de l'espoir,... beaucoup ! mais il faudra obtenir de votre mari qu'il ne fera pas à l'audience des réponses qui lui soient désavantageuses..... Si alors il vouloit user d'une dénégation constante.....

{Buis (232)} — Oh ! ne l'espérez pas !.... s'écria Argow : je dirai toujours la vérité quand on me la demandera.

— Ma tâche n'en sera que plus difficile , dit Charles : mais j'espère.....

— Tu espères , Charles ?.... ah ! tu me rends la vie !.... dit Annette.

Chaque jour Annette vint au matin et s'en alla le soir. Vernyct n'entra pas une seule fois, car, aussitôt qu'il sut que son ami étoit emprisonné , il repartit avec Jeanneton , et on ne le revit plus à Valence. Charles , de son côté , s'occupa entièrement de l'affaire de son cousin , et , ayant reçu l'ordre de se rendre à C..... où il étoit nommé avocat général , il envoya sur-le-champ sa démission , et s'inscrivit {Buis (234)} comme avocat à la cour royale de G...

Tant qu'Annette 3 ne vit pas le danger imminent, et au bout de quelques jours, elle redevint comme jadis, c^est-à-dire , qu'elle ne s'occupa qua combler d'amour, d'attention et de recherches, son mari dont la sublime résignation, le calme et la fermeté, la rassurèrent. Elle reçut , de beaucoup de personnes , des marques d'amitié ; car généralement on la plaignit.

L' affaire fut instruite avec une célérité et une activité extraordinaires, cependant l'éloignement de tous les témoins à citer qui se trouvoient pour la plupart à A. ...y, à Aulnay-le-Vicomte et à Vans-la-Pavée , tous endroits situés dans le {Buis (235)} département des Ardennes, fit qu'il s'écoula encore deux mois avant que l'affaire ne fut portée au tribunal terrible du jury.

Les magistrats qui composoient la chambre d'accusation étoient tous révérés , et quand on apprit qu'ils avoient décidé que M. de Durantal seroit mis en jugement, la ville de Valence fut plongée dans l'étonnement, et les campagnes, au milieu desquelles Annette et son mari avoient exercé leur bienfaisance active , furent frappés de terreur, de manière que cette cause devint l'occupation de tout un pavs , et l'on sait que les pays méridionaux ne s'occupent pas d'une chose à demi.

M. Badger, le préfet, étoit tellement connu pour être l'ami intime {Buis (236)} et dévoué de M. de Durantal , qu'il reçut sa destitution , quoiqu'il eut agi avec finesse pour conserver sa place au moment où il pouvoit sauver son bienfaiteur. En effet, il avoit affecté la pins grande horreur pour lui , et avoit pris des mesures si sévères que l'on commençoit à l'accuser dans le public ; mais cette conduite n'empêcha pas que l'on ne crut pas , dans une semblable circonstance, devoir lui confier le soin d'administrer le département au milieu duquel l'on alloit juger son ami intime.

Bientôt la cour d'Assises fut convoquée , et il vint de Grenoble un conseiller de la cour royale pour présider. L'affluence du monde fut extrême à Valence . et la curiosité {Buis (237)} publique étoit excitée au dernier point. L'on prit même des mesures envers la foule que l'on présuma I devoir envahir la salle des audiences , et l'on réserva des places pour les personnes de distinction. Les avocats réclamèrent même leurs bancs ; car ils étoient intéressés à la lutte qui alloit s'engager. En effet, Charles avoit fait preuve du plus grand talent pendant le temps qu'il exerça ses fonctions, et son histoire avoit couru la ville : on connoissoit sa haine primitive pour M. de Durantal , son amour pour sa cousine, et l'on savoit que c'étoit lui et mademoiselle Sophy , qui étoient la cause première de l'infortune de M. de Durantal.

D'un autre côté, M. de Ruysan {Buis (238)} étoit l'adversaire , l'ennemi avoué de Charles. L'affaire de M. de Durantal paroissoit peu douteuse, conséquemment la lutte entre ses deux talens devoit être fort intéressante. Il est vrai de dire que la noble conduite de Charles et son refus de la place d'avocat général à C...., lui avoient conquis tous les suffrages, et lui faisoient pardonner les torts qu'il avoit eus envers son cousin, alors qu'il ëtoit procureur du roi.

Enfin le jour de la justice humaine arriva pour le criminel , et le premier jour , en présence d'une assemblée immense, les juges parurent sur leur tribunal , dans une salle majestueuse. Un grand crucifix étoit placé au-dessus du président qui, entouré des juges, se {Buis (239)} trouvoit en face du public : les jurés se trouvoient à droite , et le criminel à gauche ; le procureur du roi, M. de Ruysan, étoit presqu'à côté d'Argow, que des gendarmes gardoient à droite et à gauche , et Charles n'étoit séparé d'Argow que par la boiserie de l'espèce de stalle dans laquelle se trouvoit l'accusé.

Quand Argow parut, tous les regards se portèrent sur lui avec une espèce d'avidité , et cette vue produisit dans l'àme des spectateurs des sentimens divers. Cette figure avoit contracté un tel caractère de sublimité et de grandeur, il régnoit une telle sérénité d'àme sur ce front, où jadis brilla tant d'énergie, qu'il y eut généralement une tendance à l'admiration. Les femmes surtout {Buis (240)} connoissant , par la voix publique , la concorde et le bonheur qui vivîfioient son ménage , et la grandeur qui ëclatoit à Durantal , lui tenant compte enfin du dévouement profond d'Annette, furent influencées en sa faveur par son seul aspect. Le hasard avoit voulu que les seules croisées de la salle fussent du côté des jurés , ce qui faisoit que tout le jour tomboit, comme un rayon du ciel, sur l'accusé , et qu'aucun des mouvemens de sa figure ne pouvoit échapper à ses juges. Au milieu du public privilégié , on remarqua un homme debout , contre une croisée , il regardoit la masse des jurés qui attendoient le choix qu'on alloit faire d'eux , et il la regardoit avec une attention de tigre ; son {Buis (241)} œil avolt quelque chose de perçant ; îl parcouroit , de son regard terrible , l'assemblée et principalement les magistrats, avec une curiosité sauvage. Cet homme , fortement contracté , souffrant , pàle , abattu par de grands travaux et des souffrances physiques , étoit Vernyctî.... Sa figure annonçoit une grande douleur morale , et de grandes résolutions.

Lorsque les jurés furent choisis, que les récusations furent excercées de part et d'autre, Vernyct remarqua chacun des douze juges que la société donne aux criminels , et il sortit. Tout le monde étant assis, le président ouvrit la séance et les debat , recommanda le plus grand silence, et un greffier lut l'acte d'accusation.

{Buis (242)} Nous allons en rapporter succinctement les principales circonstances , afin que le lecteur soit parfaitement au fait de ce grand débat, et nous lui éviterons la prolixité nécessaire de l'acte qui tiendroit trop de place dans un moment aussi intéressant.

« Depuis long-temps ( y étoit-il dit ) les divers états avoient été instruits de l'existence d'un exécrable pirate, nommé Argow , lequel infestoit les mers d'Amérique. »

À ce nom, il y eut un mouvement dans l'assemblée.

« Il étoit signalé par tous les gouvernemens , et l'on savoit que ses pirateries avoient commencé par l'anéantissement d'une flotte espagnole qui portoit à Cadix l'argent {Buis (243)} de la Havane. Ce pirate étoit un contre - maître de la frégate la Daphnis », commandée, en 18... , par M. le marquis de Saint-André, contre-amiral au service de France, et qui s'y rendoit pour recevoir les ordres du gouvernement : Argow avoit soulevé l'équipage, et s'étoit empare du vaisseau après avoir déporté M. de Saint-André et tous les officiers qui lui restèrent fidèles , et l'on remarquera que de tous ces officiers , déportés sur un rocher stérile, il n'y eut que M. de Saint-André qui revint en France.

« Long-temps tous les gouvernemens , effrayés des pirateries horribles de ce brigand qui dévastoit les mers , s'étoient concertés pour s'en emparer... ; mais son habileté {Buis (244)} et sa valeur, le dévouement de ses satellites, le firent échapper à toutes les poursuites. Il vint un jour échouer sur une côte aux Etats-Unis, et, envoyé à Charles-Town , il fut condamné à mort; mais, s'étant rendu utile à l'Union par la vaillance de ses troupes, il obtint sa grâce.

« L'immensité de ses richesses lui fit penser à jouir des fruits de ses crimes. Il vint en France , décidé dès-lors à vivre tranquillement , et, se fiant à son opulence et au genre de vie qu'il adoptoit, il crut demeurer impunément sur cette terre hospitalière.

« Il y auroit vécu , en effet, sans être atteint par d'autres lois que par celles de la vengeance divine , si la Providence n'avoit ordonné qu'il {Buis (245)} se dëcéleroit lui-même par de nouveaux crimes.

« En 181... , Argow , qui depuis son retour prenoit le nom de Maxendl , avoit acquis plusieurs terres , et notamment la terre de Durantal. Un de ses amis , nommé Vemyct, et sur la complicité duquel la justice n'a pas obtenu assez de preuves pour le faire paroître à côté d'Argow....

— Et c'est son regret!.... s'écria une voix terrible qui sortit du milieu de la foule , au moment où le greffier lut cette partie du réquisitoire.

On chercha vainement l'interrupteur, et cette phrase parut émouvoir singulièrement Argow qui dit à voix basse à Charles : « Oh ! un ami !.... »

{Buis (246)} « ..... avoit acheté, continua le greffier , soit pour le compte de son ami, soit pour le sien, une terre très-considérable à Vans-la-Pavée. Monseigneur l'évéque d'A....y possédoit une terre voisine de celle de Vernyct, et les appartenances de ces deux propriétés étoient tellement encadrées les unes dans les autres, que Maxendi et Vernyct se rendirent exprès à A. ...y , pour acheter la propriété de monseigneur l'évêque d'A....y.

« Monseigneur étoit le frère de M. le marquis de Saint-André , et ce dernier venoit de rentrer en Trance , cherchant une fille chérie , nommée Mélanie , qu'Argow avoit enlevée à Paris , et retenoit prisonnière dans son château de Vans , {Buis (247)} espérant épouscr la fille de son ennemi , et l'obliger ainsi à se taire , si par hasard il revenoit.

« Lorsque Vernyct et Argow se présentèrent chez Mgr. d'A....y, ils revirent M. de Saint-André qui , n'écoutant que sa vengeance et la juste indignation que lui inspiroit la vue d'un tel criminel , envoya sur-le-champ chercher la gendarmerie pour le faire arrêter. Ce fut alors qu Argow-Maxendi découvrit à son ancien chef la situation de mademoiselle de Saint-André.

« Le danger pressant dans lequel étoit sa fille , obligea M. de Saint-André à différer de livrer aux lois son ancien matelot, jusqu'à ce qu'il lui eût rendu sa fille, que ce dernier menaçoit de la mort.

{Buis (248)} « Après cette entrevue , M. le marquis de Saînt-André fut trouvé mort, et dans la nuit, Argow partit. »

Voici les faits principaux , et maintenant commence un autre ordre de faits.

« Argow avoît intérêt à commettre ce crime , et les faits suivans vont établir sa culpabilité. . .
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

À ce moment, l'audience fut interrompue par un fait singulier qui donna lieu à arrêter la lecture de l'acte d'accusation , et le volume suivant en instruira le lecteur.






CHAPITRE XXII TOME IV
CHAPITRE XXIV



FIN DU TROISIÈME a VOLUME.



TOME IV


Variantes

  1. TROISIÈME {Buis}

Notes

  1. "Plutôt" pour "plus tôt" : Voir la note 1 de la p.172. Nous ne reviendrons plus la-dessus.
  2. Rétrograder, intransitif : « Faire mouvement en sens inverse de la direction initiale en avant » ( cnrtl.fr ). Mais ici le sens de mouvement est plus général : les Gérard changent de projet.
  3. Tant que = tellement que.