M. HORACE DE SAINT-AUBIN,
Bachelier ès-lettres, auteur du CENTENAIRE.
LE VICAIRE DES ARDENNES

Horace de Saint-Aubin / Le Vicaire des Ardennes / Paris ; Pollet Libr.-éd.; 1822

TOME PREMIER

PRÉFACE
QU'ON LIRA SI L'ON VEUT.

  CHAPITRE PREMIER

[{Po [I]}] C'OMME on pourra critiquer et que l'on critiquera assurément cet ouvrage, je déclare que je suis jeune, sans expérience et sans aucune connaissance de la langue française, quoique je sois bachelier ès-lettres..... Alors mes censeurs ne se tromperont pas en disant que cette production annonce du mérite, à travers les {Po II} aberrations d'une imagination de vingt ans, et maigre les fautes de style qui s'y trouveront.... Mais je leur reserve un coup auquel ils ne s'attendent pas, c'est, que cette production n'est pas de moi. En effet, si j'étais l'auteur de cet ouvrage, je me serais bien gardé d'y clouer une préface, j'ai trop d'amour-propre pour écrire un seul mot avec la certitude qu'il ne serait pas lu.

Les Zoïles écartés par ma franche confession, je m'adresse a la partie saine du public, c'est-à-dire à ceux qui auront le bon sens de me lire, à ceux que le délire de la politique n'a point {Po III} saisis, et qui, dévorant avec joie les bons romans, se sortent de la vie, et s'élancent dans le monde idéal que crée un auteur habile, charmant ainsi leurs chagrins et ne vivant plus qu'avec des êtres imaginaires qui leur plaisent ou, quelquefois les ennuient, car nul n'est parfait, même dans le monde romantique.

C'est à cette classe (remarquez bien ce mot) que je m'adresse, et c'est à elle que j'ai réservé l'explication de l'espèce d'énigme que renferment les premières lignes de cette préface. Je serai sincère, j'aurai le courage de confesser tous mes torts et de paraître au {Po IV} tribunal de police correctionnelle de l'opinion des lecteurs de romans, en leur demandant pardon de parler de moi..... Mais comme nous avons long-temps à nous voir, puisque j'ai trente ouvrages à faire paraître, je crois que nous pouvons sans danger nous dire nos vérités.

Je suis morose et sujet aux affections nerveuses. Un médecin de mes amis assure que j'ai les hypocondres très-gros... on va se récrier et dire qu'il y a de la fatuité à instruire le public de ce que j'ai ou n'ai pas..... Êtes-vous un grand homme pour que vos maladies l'intéressent ? Il est plaisant {Po V} qu'un inconnu vienne usurper à vingt ans les droits que le génie ne conquiert qu'à sa raort... Patience ? la grosseur de mes hypocondres va vous expliquer comment je n'ai pu vivre avec personne, comment je trouve tout le monde vicieux, corrompu, comment aucun ministère ne me plaît et comment chacun me paraît taquin, mesquin, chagrin. J'ai des amis qui prétendent que l'on me fuit, parce que j'ai tous les défauts que je prête aux autres ; ce qui est une véritable imposture, car je suis l'homme le plus facile et le plus accommodant. Je ne suis pas jaloux, {Po VI} quoiqu'homme de lettres ; je suis pauvre et ne désire rien, qu'un peu de gloire et d'argent.

Tout ceci explique comment je me suis, dernièrement, réfugié au Père-Lachaise, conduit par mes hypocondres, selon mon médecin, et par le dégoût de l'humanité, selon moi. J'espérais trouver dans ce lieu des hommes vertueux et d'un commerce aimable ! ... J'ai trouvé bien autre chose !.....

D'abord, je n'ai vu dans ce lieu que des modèles accomplis en tous genres. Le monde y est renversé : Chaque épouse y est fidèle ; toutes les mères, adorées ; {Po VII} tous les enfans, de leurs pères ; et les superlatifs les plus pompeux sont prodigués à d'honnêtes charcutiers, procureurs, boulangers, tailleurs, maçons etc... tellement que pour les hommes que la France révère on n'a pu mettre sur leur marbre rien autre chose que Masséna ! Jacques Delille ! Évariste Parny ! Méhul ! ces messieurs les débitans avaient tout pris. Enfin, chaque morceau de terre couvre une fleur céleste, on renferme un phénix qui, heureusement pour ses héritiers, n'a pu renaître ; aucune femme n'est aigre ni vaporeuse ; les hommes y sont excellens et munis {Po VIII} d'excellens certificats de bonnes mœurs. C'est tout un autre monde, où règne une paix, un calme, une décence admirables. A la louange du genre humain, je déclare qu'après une perquisition exacte, je n'y ai vu qu'une seule épitaphe douteuse. Cela me fait souvenir de l'aventure du duc d'Ossone, qui, visitant les galères, interrogeait tous les rameurs, et chacun lui raconta son histoire de telle manière qu'il n'y en avait pas un seul pour qui la justice n'eût commis une grande erreur. Il en vit un qui, tout honteux, convint de sa peccadille.

— Qu'on m'ôte vite ce {Po IX} scélerat qui va gâter ces honnêtes gens !.... s'écria le duc.

J'ai remarqué de grands laquais qui, par l'ordre de leurs sensibles maîtresses, apposaient d'un air triste les offrandes des veuves, et déposaient, par procuration, les branches d'immortelles ; je ne sais même pas s'ils ne pleuraient point aussi par procuration ou par ordre.

Enfin, je me suis promené avec un véritable plaisir au milieu de ces archives de la mort et j'y ai trouvé cette tranquillité, cet abandon qui rendent la vie aimable. Je ne me suis querellé avec personne ; tous ont pris mes {Po X} discours en bonne part ; aucun ne s'est levé de sa tombe pour me reprocher mes sarcasmes innocens ; et, excepté quelques statues que le sculpteur a arrangées de telle sorte qu'elles me regardaient de travers, j'allais sortir fort content de la bonhommie de mes hôtes, lorsque j'aperçus un jeune homme non loin du tombeau d'Héloïse. Comme depuis trois jours j'étais à peu près sevré de la présence importune des hommes, j'avoue franchement que j'examinai ce chrétien avec l'attention qu'on prête à l'échantillon du drap dont on est forcé de s'habiller.

{Po XI} Ici commence mon crime ; ici l'on verra la curiosité qui perdit notre mère Ève se déployer, chez un de ses enfans, avec une force vraiment diabolique ; et vous-même qui lisez cettui morceau de prose, confessez que vous desirez connaître ce jeune homme : première raison pour m'absoudre.

Je m'approchai à pas de loup, et je vis qu'il était assis sur un de ces tabourets contenus dans une canne. Je conclus de là qu'il aimait ses aises, et je présumai que sa douleur n'avait rien de profond. Bientôt je m'aperçus qu'il tenait sur ses genoux une {Po XII} masse assez cousidérable de papiers et qu'il les barbouillait avec vitesse.

À ces indices, je reconnus un de nos artistes dessinant nos monumens et spéculant sur la mort. Enhardi par cette idée, je m'avançai brusquement...... On m'a toujours dit que ma figure n'était pas gracieuse et mes amis les plus intimes prétendent que s'ils me rencontraient au coin d'un bois, ils s'enfuiraient : j'avoue que si je me rencontrais moi-même, j'en ferais peut-être autant ; quoi qu'il en soit, le résultat de mon mouvement accéléré et du {Po XIII} rire agréable que je formai, fut la retraite soudaine de cet honnête jeune homme.

Maître de la place, j'en parcourus l'étendue. Je vis un petit cippe en marbre sur lequel était écrit : bientôt. Cette inscription changea totalement mon opinion. La terre qui environnait cette tombe modeste n'avait point cette fraîcheur qui annonce le culte que nous prodiguons aux sépulcres. Elle était foulée, aucune fleur ne parait ce dernier asile, le petit treillage obligé ne l'entourait pas... Non, tout indiquait une douleur sauvage, sans luxe, sans coquetterie et le chagrin {Po XIV} n'avait aucun fard. Alors, je pensai que ce jeune homme promettait peut-être plus qu'il ne tiendrait.

Lorsque je me retirai, je le vis revenir tout inquiet de ma visite, il s'appuya sur le marbre, en passant sa main dans ses cheveux et se remit à écrire. Ce qui m'étonna le plus, c'est qu'il ne poussa point de soupirs, ne versa point de larmes, ne se rongea point les ongles ; seulement, il me regarda par instans et finit par s'accoutumer à ma figure. Je saisis les momens pendant lesquels il écrivait pour m'approcher de lui, et je parvins par degrés {Po XV} à être à trois pas de lui. Je m'assis sur l'herbe, et je résolus de m'insinuer dans sa confiance pour savoir ce qu'il écrivait, car tout ceci me paraissait singulièrement romanesque. Alors, je m'avançai par un mouvement de fesses imperceptible, si bien, que sans qu'il ait dit un seul mot, nous nous trouvâmes côte à côte.

L'inconnu ne m'eut pas plutôt envisagé, qu'il se leva et s'enfuit pour la seconde fois. Jugeant alors que j'en avais assez fait pour une première tentative, je m'en allai, bien résolu de revenir.

{Po XVI} Le lendemain je me rendis au cimetière, où je fus seul à entrer. Je cours !... Quel fut mon étonnement en arrivant au tombeau de la veille, d'y voir mon jeune homme écrivant toujours avec la même rapidité, mais pâle, l'œil abattu et les cheveux humides de rosée. — Avait-il passé la nuit ? Comment ? Pourquoi ?...

Il devint évident pour moi que cette aventure devait être fort intéressante, je ne cherchai pas à m'expliquerla bizarrerie d'un tel fait ; seulement, par un magique pressentiment, je jugeai que j'avais devant les yeux un être malheureux. La compassion le plus vive {Po XVII} s'empara de mon cœur et j'aurai la franchise d'avouer que, dans cette compassion, se glissait l'espoir de lire le manuscrit.

Prenant alors les sons les plus anodins du médium de ma voix, je dis à l'étranger :

— Monsieur, vous paraissez gravement affecte ?... Puis-je vous être utile à quelque chose ? Je suis bachelier ès-lettres.

— Non.

Ce non eut quelque chose de flatteur, malgré l'accent sévère avec lequel il fut prononcé, car le jeune homme me parlait au moins. En cet instant, la plume de l'étranger tomba par terre, je la {Po XVIII} ramassai, et, la lui presentant avec toute la grâce dont la nature m'a doué, je réussis a obtenir un signe de tête assez amical.

Réduit a un rôle passif, je m'en contentai, et, semblable à ces chiens qui suivent de l'œil, la bouchée que leur maître tient à la main et qui l'escortent de leurs regards pétillans jusqu'à ce qu'elle ait disparu, de même, je suivais la main du jeune homme, toutes les fois qu'elle allait d'un bout à l'autre du papier, ou lorsqu'il prenait de l'encre. Je cherchais à comprendre quelle aventure bizarre pouvait obliger un homme a écrire en plein air, {Po XIX} plutôt que dans un cabinet, bien chaud et sur une table commode, lorsque le jeune homme tira une ligne assez forte à la fin de la page qu'il tenait et il roula le tout dans une feuille de papier. Cela fait, il quitta son tabouret, s'assit par terre, en appuyant sa tête contre le marbre, et, croisant ses bras, il ferma les yeux et ne remua plus. Il était beau de figure et sa pose noble me fit plaisir à voir.

Mais toutes ses actions avaient un cachet d'originalité trop ressemblant à celui de la folie, pour que je restasse oisif; rassemblant alors tout ce que je savais du grand {Po XX} Style employé depuis dix ans par les hommes dont la France s'honore, je lui dis avec chaleur :

— Jeune homme, écoutez ? Il est des momens où l'âme abattue et flétrie recule devant le fardeau des misères humaines ; parfois la fleur de la vie perd son délicieux parfum ; il suffit de quelques froides réflexions pour nous précipiter du haut du trône idéal que construisent de brillantes imaginations ; mais, la nuit enfante le jour, la douleur le plaisir, l'hiver rend le printemps plus aimable, sortez de votre affliction, jetez-là comme un manteau trop lourd....

{Po XXI} Au bruit de ces tropes harmonieux, il souleva sa paupière et me répondit :

— Par grâce, M. le bachelier, ne m'étouffez pas et laissez-moi mourir tranquille ?

— Mourir ! m'é«criai-je en m'élançant sur lui, et le saisissant par la poche dans laquelle le manuscrit était contenu ; mourir ! mon cher monsieur, y pensez-vous ?....

— Comment voulez-vous que je vive, mon âme est-là ! et il m'indiqua le marbre contre lequel il s'appuyait. Je vis avec joie que ce mouvement fit passer le manuscrit hors de sa poche.

— Ah ! monsieur, vivez sans {Po XXII} votre âme, il y en a tant qui n'en ont pas, vous ferez comme eux !...

Mon ami, reprit-il au moment où je mettais la main sur ses papiers, la mort est douce aux malheureux !...

Monsieur et ami, tel malheureux que l'on soit ! il est très-agreable de vivre : l'existence est un fardeau, soit ! mais il est très-agréable à porter et sans les humains qui nous le tiraillent de côte et d'autre, il serait encore plus....

— De l'eau, de l'eau !.......

Le manuscrit sauta par terre.

— Qu'avez-vous ?.... lui dis-je en prenant le rouleau de papier.

{Po XXIII} — Je meurs de faim.... et.... je veux, je veux mourir. Adieu Mélanie, adieu ma mère !....

Sans attendre plus long-temps, j'emportai le manuscrit et je fus chercher des secours : ils arrivèrent trop tard. Je trouvai le malheureux jeune homme, mort, il avait la bouche pleine d'herbes dont il avait vainement exprimé le suc, ses oncles étaient enfoncés dans la terre, sa pose annonçait une violente convulsion et il tenait sa bouche collée sur un portrait de femme. (1) Je m'empressai {Po XXIV} de prendre cette charmante miniature, non pas a cause de la chaîne et de la monture qui se sont trouvés en or pur, mais parce que je présumai que ce portrait était de quelqu'importance dans les aventures de ce beau jeune homme. Sa mort m'affligea singulièrement : ce qui m'a consolé, c'est qu'il voulait absolument mourir, et que, quand même je {Po XXV} serais arrivé plutôt, il eût tout refusé.

[{Po XXIII}] (1) La gravure qui est en tête de cet ouvrage est une exacte et fidèle copie de celle [{XXIV}] admirable peinture. Nous avons jugé que ce serait faire plaisir à tout le monde, que de donner une idée de la beauté de l'héroïne de cette aventure historique. ( Voyez les Annales de ia Cour de cassation, année 1816. )

En me retirant, je vis une voiture attelée de deux chevaux qui accourait au grand galop. Cette voiture portait sur ses panneaux des armes de marquis. Une femme s'élança en s'écriant :

Sauvez mon fils !... sauvez mon fils !...

Je ne jugeai pas à-propos de me trouver à cette reconnaissance.

Ce jeune homme avait une mère !... Si, sur ce prétexte, un censeur me contestait le legs que je me suis approprié. Je ferai observer que :

{Po XXVI} Premièrement, ce jeune homme m'a nommé son ami ;

Secondement, cette bienveillance annonçait l'intention de me léguer le manuscrit, car ces sortes de papiers ne se confient qu'à des amis.

Troisièmement, l'intention est réputée pour le fait 1. Et enfin, comment la mère aurait-elle agi ? Elle eut détruit le portrait, elle eut déchiré le manuscrit, car elle n'aurait rien épargné dans sa douleur, et toute la France serait privée de cette production.

J'ai lu le manuscrit, j'ai reconnu que jamais histoire plus {Po XXVII} intéressante n'avait été publiée. Alors, je l'ai montrée à un très-honnéte libraire de mon quartier. Le a prix qu'il m'en offrit me séduisit, mais il m'avertit qu'il ne pouvait pas imprimer le manuscrit si un homme de lettres n'y mettait la main : Le regardant alors avec cette noble fierté qui sied au talent modeste, je lui dis :

Je suis bachelier ès-lettres.

Or, vous sentez combien cette explication était indispensable. Il en résulte que ce qu'on va lire n'est malheureusement que trop vrai et que c'est un diamant brut que j'ai poli, monté et fait briller. Ce que vous y trouverez {Po XXVIII} de mal doit être mis sur le compte du mort, et s'il y a quelque chose de bon, attribuez-le, je vous prie, au jeune bachelier.

Vous remarquerez combien il a fallu de travaux pour pouvoir deviner, par la seule force de l'imagination, tout ce que le manuscrit du jeune homme ne disait pas, et pour disposer son histoire de manière à former un ouvrage dramatique dans le plan, les caractères, etc.

Il est vrai que le hasard voulut que j'eus encore, à cette époque, quelqu'argent, car les poches des bacheliers ès-lettres sont souvent vides, et j'employai mon {Po XXIX} petit pécule à aller a pied à Aulnay-le-Vicomte. La, je ra'informai des circonstances que le jeune homme avait omises, et j'ai enchâssé son ouvrage dans un cadre que, sans vouloir me vanter, l'on saura apprécier, je n'en doute pas.

Attendu que le libraire ne m'a pas remboursé mes frais de voyage, de ce voyage entrepris dans l'intérêt de tous, je supplie ceux qui auront la bonté de me lire, de faire aller cet ouvrage vers la route flatteuse d'une seconde édition : c'est le seul moyen d'empêcher la ruine totale d'un pauvre bachelier, qui {Po XXX} commence ses premières opérations de Littérature marchande.

En terminant cette entrevue amicale avec mes juges, je les supplie de me pardonner de les avoir initiés dans mes petites affaires, et je leur recommande une dernière fois d'avoir du courage, de la patience ; et, avant tout, de m'accorder leur amitié ; quant à la mienne ? ils sont sûrs de l'obtenir à la seconde édition ; et s'ils veulent savoir par quel moyen je leur témoignerai cette affection littéraire, ils n'ont qu'à essayer !.... et sur-le-champ j'imprimerai : le Traversin, ou Mémoires secrets d'un Ménage ; le {Po XXXI} Fiancé de la Mort ; mon Cousin Vieux-Pont ; le Bâtard ; les Conspirateurs ; et les Gondoliers de Venise.


H. SAINT-AUBIN .    
Bachelier ès-lettres de l'Université
royale de France
.


À l'Ile-Saint-Louis, ce 30 septembre 1822. b

  CHAPITRE PREMIER


Variantes

  1. de mon quartier, Le {Po} (la majuscule nous fait adopter le point)
  2. {Po} dispose cette ligne au bas de la page XXXI.

Notes

  1. l'intention est réputée pour le fait : locution proverbiale dont nous n'avons pas trouvé l'origine. Elle sera employée telle quelle par George Sand (les Lettres d'un voyageur, 1837), Alexandre Dumas père (Une fille du Régent, 1846), Gustave Flaubert ( Correspondance, 1851), etc. et sera admise dans le Dictionnaire de l'Académie française, 8e édition (1932-1935).
    La locution est utilisée par F. Rittier dans Science des droits, ou idéologie politique (Paris / Lyon ; Pagnerre, libr.-éd. / Charles Savy jeune, libr.; 1844), chapitre XVe, section troisième, nos XIV-XV, pages 314-315. Rittier n'en donne pas l'origine et son commentaire est dangereux car il s'appuie de manière fallacieuse sur le Code pénal (art. 2) : lequel parle de « commencement d'exécution » et non d'intention.
    Dans une acception nettement positive, l'abbé Thiébaut, docteur en théologie et curé de Sainte Croix à Metz, emploie la locution dans son Homélie ſur la pureté d'intention, qui dit ceci : « toute l'Ecriture nous fait comprendre que l'intention eſt reputée pour le fait, & que la volonté quand elle eſt bien efficace & bien ſincere mérite autant que l'action » (in Homéiles sur les Evangiles des dimanches et des fêtes principales de l'année Tome troisième (Metz; chez Joseph Collignon, impr.; M. DCC. LXVIII [1768]), page 260. (On trouve l'ouvrage de Rittiez et celui de Thiebaut sur google.books.)